• Moi, syrienne

    Je m'appelle Isa. J'ai 12 ans. J'ai 4 frères et 2 soeurs. Je suis syrienne.

    Mes parents ont décidés de traverser la mer pour rejoindre la France.

    Je suis pressée de partir de mon pays, la Syrie.

    Mais pour cela, il nous faut :

    _ arriver à la mer

    _ embarquer dans un bateau

    _ arriver sur la place de France

    _ passer les douanes

     

    Nous partons. Direction la mer.

     Mon plus grand frère, Siflo, passe devant. Soudain, il tombe. Une balle perdue lui est passée au travers de son corps.

    Mais nous n'avons pas le temps, et courrons, de peur d'être touchés.

     

    Nous arrivons en vue de la mer. Mais nous n'avons pas assez d'argent. Papa décide de rester en Syrie. Il nous rejoindra, il a dit. Nous prenons et montons dans un canot. Tout l'argent de papa y est passé.

     

    Le deuxième jour de navigage, un des mes frères, Crai, tombe dans l'eau en voulant attraper un poisson. Il se noye.

    Le troisième jour, une tempête nous surprend et une de mes soeurs, Milaine,  tombe et disparait.

    Le cinquième jour, nous arrivons enfin. Un de mes 3 frères, Souff, est très malade.

    Nous marchons plusieurs jours, mais mon frère m'en peut plus et meurt.

     

    Enfin, nous arrivons en vue de la douane. Nous sommes arretés pour ne pas avoir de papiers. Nous ne comprenons pas vraiment ce qu'ils disent, mais nous saisissons l'essensiel. Nous devions partir de la France. Mais nous ne pouvons pas, et nous nous échappons. Ma mère est reprise. Je me retrouve avec mon plus jeune frère, Caraï, et ma dernière soeur, Caïla. Aucun des deux ne dépassent les 7 ans.

    Nous marchons encore des jours entier. Nous arrivons en vue d'un village, et sonnons à la première maison. Heureusement, la dame est gentille et nous donne à manger et des vêtements. Mais elle nous dit aussi d'aller au centre des réfugiés.

    Nous partons pour ce fameux centre.

     

    Nous y arrivons, fatigués, affamés. Des hommes nous prennent en charge et nous séparent. Je n'ai pas la force de résister et me laisse me faire entraîner. Ils me demandent mon âge, mon prénom, des informations sur mon trajets.

    Enfin, après l'interrogatoire, je retrouve mon frère et ma soeur. Je prend celle-ci dans mes bras. Elle est si maigre!

    Ma fin

    Elle se met à pleurer, entraînant mon frère, et je fini par m'y mettre.

    Les hommes nous donnent un tente et nous mettent dans un camps entouré de barbelés. Ils disent que c'est pour les ''méchant'' ne viennent pas. Mais je sais que c'est pour que nous ne sortions pas.

     

    Des jours ont passés. Les médicaments que nous attendions ne viennent pas. Nous sommes sales et pas mieux logés et nourris qu'en Syrie. Mais où est la France qui nous promettait de la sécurité?

    Mon frère tombe malade, et les médecins ne viennent pas. Des journalistes sont venus. Ils nous ont posés des questions, je répondais, mais ils ne me croyaient pas.

    France que j'avais priée, où es-tu?

    Mon frère meurt. Ma soeur est pied nus dans la neige. Presque nue, à part un tee-shirt qui lui arrive aux genoux. Elle a froid et pleure souvent la nuit.

    Des garçons me violent et me battent. Je suis blessée, humiliée. Mais ma petite soeur, est en sécurité de ces monstres.

    Je me fais une amie. Je passe beaucoup de temps avec elle. Ma soeur l'aime bien.

     

    Mais un soir, les garçons m'attrapent et m'accroche à un arbre. Ils me déshabille et repartent.

    Ma fin

    Après plusieurs heures, seule dans le froid, j'arrive à me détacher. Je cours vers ma tente. Aucun son n'en sort. Je rentre et je reste immobile par la peur. Devant moi, mon amie a 4 trous dans le ventre et ma soeur et nue, attachée au lit. Elle pleure. Je la détache et me précipite près de mon amie.

    Ma fin

    Où est donc la sécurité dont nous avez parlé les militaires. Où sont-ils, d'ailleurs? J'ai envie d'aller leur demander. Mais je dois me concentrer sur mon amie. Elle ne m'a même pas dit son prénom. Elle ouvre les yeux.

    _ Tu ne peux rien pour moi... Je m'appelle Arion...

    Puis elle meurt, là, dans mes bras.

    Oh, toi France que j'ai aimée, pourquoi tu ne m'aides pas?

    Non, je ne dois pas me laisser aller. Je dois m'occuper de ma petite soeur. Comment s'appelle-t-elle déjà? J'ai oublié... Je pose doucement le cadavre d'Arion et prend ma petite dans mes bras. Elle est si légere!

     

    J'ai passé le plus dur : les portes du camps. Je la porte jusque devant une porte et la pose, lui ordonnant de na pas bouger. Je toque, et part me cacher derrière un arbre. Aussi maigre, on dirait que ma soeur a à peine 4 ans. Pourtant, elle en a 5.

    Une femme ouvre la porte et voie ma soeur. Celle-ci pleure, encore nue. Il se met à neiger.

    Ma fin

    La femme n'hésite pas et prend ma soeur dans les bras pour la faire entrée. Elle est sauvée!

    Moi, par contre, pas encore. Mais peut importe. Je me laisse glisser par terre, dos à l'arbre. L'écorse m'arrache de la chair, mais je m'enfiche. Ma soeur est en sécurité.

    La porte s'ouvre une seconde fois. Mais je ferme les yeux. Des pas s'approchent; Je ne bouge pas. Des mains me prennent. Je ne bouge toujours pas. Les mains me déposent sur une surface moelleuse. Je ne bouge toujours pas, pourtant je voudrais ouvrir les yeux, mais je n'y arrive pas. Je voudrais bouger ma tête, mais impossible. Je ne sens pas si il fait chaud ou froid. Je n'entend rien. Seul la voix de ...Caïla... Caïla, c'est son prénom. Oui, Caïla, ma petite soeur adorée. Celle que j'ai protégée, qui a vue Arion se faire tuer, qui s'est fait violer, malgrès son jeune âge. Ma petite Caïla... Mais que me dis-tu? Je ne comprends pas.

    Oui, vous avez compris. Je suis morte. Morte parce que personne n'a empêché la guerre en Syrie. Parce que la dame du petit village ne nous a pas acceuillie. Qu'elle ne nous a pas ammenés à un poste de police, pour être sauvés. Parce que les journalistes ont menti en disant que les réfugiés vivaient dans des zones protégées. Parce que personne ne m'a donné la chance de survivre. Parce que le camps était sale et les secours n'arrivaient pas. Parce que personne n'a voulu m'écouter.

     

    Ma famille telle qu'elle aurait dù être :

    Milaine                            Caïla                                        Moi, Isa

    Ma fin

    Ma fin

    Ma fin

     

    maman et papa, Rimy et Francco

    Ma fin

     

    Caraï                                                                                        Souff                                                                             Crai

    Ma fin

    Ma fin

    Ma fin

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 25 Mars 2016 à 17:31

    Une triste histoire pleine de haine

    2
    Samedi 26 Mars 2016 à 12:54

    j'ai mis du temps, mais au final, c'est plutôt cool. Et merci

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